C'est la faute d'Henry putin. Il viendra pas, il est 23h14 a ma mini chaine qui braille du Dylan, c'est trop tard il doit surement s'entretenir avec les grimlins et ses amis défoncés au white spirit. Je fais quoi moi? Ma bombe de laque est vide, jai faim et je n'ai plus rien a fumer. "Plus rien a fumer". Ce sont ces quelques mots, ce dernier attachement a la vie, même sans laque, sans colle et sans cachetons, ces salopards de derniers mots qui doucement ont roulé sur mes joues, se sont écrasés a terre dans un tintement strident, a mes pieds, juste devant moi. Mes sanglots me suppliaient, m'imploraient maintenant. Le regard fané, j'ai pris mes écharpes, et j'ai décidé de prendre toutes les routes de campagne. Je partais. Il fallait que je trouve Henry, il fallait qu'il me donne ma dose d'oubli, mon remède contre le manque. L'horizon ce soir là semblait un précipice, un sorte de puit sans fond empli de réalité pure, sans diluan. J'ai le coeur qui bat trop fort, alors je tourne, je tourne sur moi même jusqu'a ne plus rien voir, je ne m'arrête plus, jusqu'a ce que le monde autour de moi, toute cette vraissemblance putride ne soit plus qu'une image floue. Je cours alors en vascillant, silhouettes chancelante, je cours, j'ai cette impression que rien ne pourrait m'arrêter, je prends de l'élan , saute, non je vole! la preuve en est, j'ai touché du bout des doigts la caresse du soupir des Dieux. Je grelotte et je tombe dans une herbe épaisse et humide. Non c'est trop dur, j'ai besoin de lui, mon corps entier réclamme quelques gouttes de cette essence, juste quelques gouttes de cette pluie acide, s'il vous plaît? En me relevant je m'aperçois qu'en fin de compte je ne sais même plus ou je suis, et le calme de la scène annonce la souffrance pesante de la noirceur du ciel. Je vomis. Ces vomissements ne s'arreteront pas pendant deux heures. Je fonds littéralement dans la flaque de mes propres illusions transpirantes, dans mes propres sueurs. Je vais mourir, je vais mourir, putin je veux pas mourir! Je délire, merde, c'est ça la folie, non, ah mais.. .
Je suis aliénée depuis bien des années, je le sais, je suis passée sous la domination de mes voyages éphémeres, et je me suis installée dans les bras étranglant de l'adiction. Ces putins de séjours m'ont fait découvrir Le Maroc, le Burkinafaso, Rome, Londre,Paris, Dublin, ma main accrochée a la sienne, mon coeur déposé sur ses lèvres, et sa voix. J'aimais tout ça. Putin Henry, la crise c'est la merde! Je t'avais dit, je te l'avais dit qu'un jour je créverai d'amour. Ca suinte l'ôcre, le pourpre et la rouille. Je dérive, j'ai oublier comment on faisait pour nager. Henry! Aide moi... Mon corps mon âme et ma tête, et mes bras, mes promesse mes poèles et mon coeur qui pisse debout, ma culotte en dentelle noire que tu aimais et nos crises de rire, et tes TOC, et tes onomatopés., tout est trempé Henry, je suis désolée.
Search and Destroy- Iggy Pop and the Stooges